Cela
s'est passé samedi dernier, par cet bel après midi printanier
et ensoleillé.
Les gobages ne sont pas très nombreux
et nous décidons Johan et moi d'essayer de repérer des truites
et de les pêcher à vue, et pourquoi pas peut-être de repérer
LA TRUITE! Mais nous ne voyons pas grand chose et je préfère
me vautrer dans l'herbe pendant que mon compère pêche les courants
un peu plus en aval.
Lorsqu'il me rejoins: RAS.
C'est alors qu'apparaît un gobage.
"C'est pas un petit poisson" me dit
Johan, et il rajouta :
"aller, à toi!"
Après quelques posés le poisson monte
enfin et je ferre une belle truite de 20 cm:
"Pas un petit poisson hein"!
Soudain apparaît un 2ème gobage.
Ce n'est donc pas celle que j'avais prise qui avait gobé. Johan
prend place et fouette. Il se retourne vivement, surexcité:
"Tu as vu ce que j'ai vu? Si je n'ai
pas rêvé, il va y avoir du sport!"
Mais je n'ai rien vu. Puis un 4ème gobage,
une tête ENORME est sortie de l'eau. Après un temps d'arrêt,
n'en revenant toujours pas, il se retourne et la voix tremblante
(ainsi que tout le reste du corp)Johan lance:
"je change le bas de ligne, vérifie
si ta pointe est correcte".
Elle doit mesurer 45 cm. Johan fouette
le temps que je refasse mon bas de ligne. La truite gobe encore,
maintenant elle fait 50 cm d'après lui! Mon bas de ligne est
prêt, à nous deux ma vieille (elle doit pas être toute jeune).
Mon coeur n'a que rarement battu aussi vite, et après quelques
posés pitoyables une truite monte (non j'ai pas dis LA truite
mais une truite qui se met à gober un peu plus haut) elle m'a
fait peur cette conne! Pendant que je fouette elle regobe, cette
fois je l'ai vu, j'étais aux premières loges et c'est un poisson
si grand que mon champ de vision ne me permet pas de la voir
en entier. Je déclare forfait; même si j'arrivais à la faire
monter je ne sais pas si je serais capable de combattre un telle
monstre (hé je pêche la truite pas la baleine, entre temps nous
l'avons surnommé Moby Dick...).
Nicolas arrive, je lui raconte notre
aventure, pendant que Johan essaie tant bien que mal de lui
présenter correctement une mouche et soudain c'est le ferrage!
Un ferrage sec, ample et nerveux que ne méritait pas une pauvre
petite truite de 20 cm!
Moby Dick est partie...
Nous sommes revenus le lendemain mais
elle nétait pas là. Idem le surlendemain. Nous
n'avons plus revu ce poisson qui sera à jamais un super souvenir,
je n'ai jamais vu Johan dans un tel état, lui qui d'habitude
ne laisse transparaître aucun sentiment et qui reste toujours
calme face à n'importe quelle situation au bord d'une rivière.
Une truite a réussi à le rendre plus humain (à mes yeux), et
nous avons bien rigolé.