La
chasse sous marine
Etant donné que pour moi aussi
cette technique est nouvelle (débutée au printemps
2005), je ne peux vous faire partager que mon peu d’expérience
certes , mais une expérience de débutant et donc
j'espère vous éviter les nombreuse erreurs que j’ai
pu commettre …………….

Introduction :
La chasse sous marine est une forme
de pêche dangereuse il faut l’avouer, néanmoins en
faisant attention et en jugeant les risques on peut diminuer ceux–ci.
Tout d’abord savoir nager un minimum et être à l’aise
dans l’eau, faire vérifier ses oreilles par un ORL si celles-ci
sont sensibles. De plus si vous débutez, demandez à
un chasseur aguerri de vous accompagner, et de toute façon
en aucun cas ne chassez JAMAIS SEUL. Veillez aussi à respecter
la réglementation et avoir votre permis de chasse avec
vous. Celui-ci s’obtient aupres des affaires maritimes sur présentation
d’une attestation d’assurance sécurité civile et
d’une pièce d’identité, profitez en pour en savoir
plus sur la réglementation concernant la chasse sur votre
secteur.
Avant de partir à la chasse,
renseignez-vous sur la météo du jour et même
sur celle des jours précédents. En effet celle-ci
a une importance cruciale (encore plus qu’à la pêche)
car elle va influencer sur la clarté de l’eau et donc sur
la visibilité au fond, et sans bonne visibilité
pas de chasse!
Si vous souhaitez voir du poisson il
ne faut pas nécessairement aller profond surtout si vous
débutez. Il m’est arrivé de voir des bars (et des
gros...) dans 2 mètres d’eau, je n’ai pas pu les tirer
pour 2 raisons :
-matériel inadapté (fusil
trop court)
-manque de discrétion.
C’est sur celle-ci que je vais m’attarder,
en effet dans peu d’eau les palmes peuvent créer un bruit
assourdissant pour les poissons.Iil faut donc veiller à
se plomber les chevilles et/ou à rester au fond !
Il faut donc couler, si possible toujours dans la discrétion,
cette coulée s’appelle le canard.
Pour travailler ce canard entraînez
vous en piscine ou en mer (sans fusil) à être discret.
Ttravaillez par la même occasion votre aquacitée
(le fait d’être à l’aise dans l’eau) notamment en
essayant de plonger sans masque)
1ere partie le matériel :
L’homme n’est pas fait pour se mouvoir
dans l’eau, pour cela il a besoin d’un équipement adapté.
La première chose à acquérir
et sans aucun doute la plus importante : la combinaison
Elle est l’élément le plus
coûteux dans l’équipement du chasseur mais aussi
la plus utile ! En effet la mer est un milieu hostile et
même l’été vous aurez vite fait d’avoir froid,
très froid si vous utilisez simplement un shorty (petite
combi coupée aux bras et aux genoux). Il vous faut donc
une bonne combinaison intégrale en un ou plusieurs éléments.
Choisissez la bien adaptée à votre morphologie,
essayez plusieurs modèles (le plus grand nombre possible
pour trouver ce qui vous va le mieux). Si vous la prenez en deux
éléments n’hésitez pas à dépareiller
haut et bas ! Quant à l’épaisseur, tout dépend
de la période de chasse, pour l’hiver une 7mm est le plus
approprié chez nous en Normandie, en été
une 5mm peut suffire. Pour ceux qui chassent pendant ces deux
saisons choisissez une 7 mm, vous aurez un peu chaud l’été
mais c’est mieux que d’avoir froid l’hiver!
L’autre élément de choix
d’une combinaison est sa matière. Il en existe de très
nombreuses avec des avantages et des inconvénients, leur
choix est important et les avantages/ inconvénients sont
très subjectifs et dépendent du type de chasse de
chacun et du lieu où l'on pratique. Surtout n’oubliez pas
la cagoule, elle est la plupart du temps solidaire de la combi
mais si ce n’est pas le cas il faut impérativement en acheter
une. En effet c’est par la nuque et le haut de la tête que
l’homme ce refroidit le plus.
Les autres éléments qui
vous protègeront du froid mais surtout des autres agressions
sont les chaussons et les gants. Les chaussons vous protégeront
les pieds du froid mais aussi du chausson des palmes qui peut
créer des plaies. choisissez les fins mais chauds, je possède
personnellement les Beuchat, ils sont parfaits et épousent
parfaitement la forme du pied et sont très chauds.
Quant aux gants, vous avez le choix : beaucoup
utilisent de simples gants de jardinage car moins chers ou des
gants néoprène de marque décathlon. Il faut
savoir que le gant s’use assez vite si l’on s’accroche à
une épave ou à une roche. Ils servent aussi de protection
si vous croisez quelques crustacés. Pour ma part, j’en
porte surtout pour me protéger, lors du chargement de l’arbalète,
d’une défaillance quelconque qui pourrait être fort
douloureuse.
Un élément de sécurité
indispensable sans lequel je ne me mettrais pas à l’eau
est le couteau. Une fois sous l’eau il possible mais peu souhaitable
que vous en ayez besoin : une corde, un filet ou autre vous coince
au fond et il faut réagir, mais vite et sans paniquer !
Il vous faut donc un couteau facilement accessible, bien aiguisé.
Il faut qu’il soit capable de couper de gros cordages donc un
côté cranté s’impose. Il est en général
fourni avec des sangles, fixez le à votre guise sur le
mollet ou l’avant bras.
Pour pouvoir plonger profond et avancer
contre le courant il vous faut des palmes, orientez votre choix
sur de vraies palmes de chasses et non des palmes bouteilles et
loisir. Il faut les choisir longues et chaussantes, c’est-à-dire
sans sangles pour les fixer. Vous devez les choisir avec vos chaussons
aux pieds. La dureté de la palme doit être fonction
de votre force et de votre type de chasse, plus vous chasserez
profond plus celles-ci devront être raides et élastiques.
Pour une chasse en surface de type dérive, vous devrez
prendre des palmes souple pour un meilleur palmage horizontal.
Choisissez les avec une voilure interchangeable, en cas de casse
vous pourrez ainsi les réparer a moindre coût.

Masque et tuba :
Le choix du masque doit se faire avec
un petit test pratique pour savoir si sa jupe, de préférence
en silicone, est adaptée à votre visage, ce qui
par conséquent assurera une bonne étanchéïté
pour votre confort. Le test est simple : appliquez le masque sur
votre visage sans mettre la sangle, sans inspirer ou expirer
par le nez, appuyer sur le masque pour en chasser l’air , si le
masque tient plus de cinq seconde c’est qu’il est parfaitement
adapté a votre visage !
Le choix du tuba est lui plus subjectif,
en théorie il faudrait le prendre du même diamètre
que son pharynx, tout cela pour bien respirer sans se fatiguer…
Le mieux est de rester dans la simplicité mais avec des
couleurs relativement discrètes.
Lestage :
C’est pas le tout d’avoir une jolie
combine bien épaisse, il faut l’amener avec vous au fond,
le problème c’est que vous allez flotter !!! Hé
oui Archimède… ;-)
Pour remédier à cela il faut
vous lester. En bon pécheur que vous êtes vous connaissez
le métal qui va nous aider par sa densité colossale :
l’or , non je déconne je veux parler du plomb bien sûr.
Que vous l’utilisiez en ceinture ou en harnais, le résultat
sera le même. L’avantage du harnais c’est que celui-ci soulage
le dos du fait que le poids est réparti sur les bretelles,
néanmoins il est très difficile à larguer
donc dangereux pour les débutants. Les plomb devant être
mis sur la ceinture sont vendus un peu partout, pour leur nombre
il faut compter 1kg pour 10kg du bonhomme mais prévoyez
un peu plus si vous avez une combinaison épaisse ou si
vous plongez peu profond.
Stylet :

Le stylet est un petit accessoire bien
utile, il permet une fois le poisson pris d'accrocher celui-ci
à la ceinture et de continuer sa chasse sans revenir au bateau.
Arbalète
Ensuite il vous faut un moyen pour attraper
les si beaux poissons que vous verrez au travers de votre masque,
c'est pour cela qu'il existe des arbalètes. Il y a de nombreux
modèles sur le marché, plus ou moins chers. Il faut d'abord choisir
une crosse adaptée à votre main, ensuite une queue de détente
souple (c'est-à-dire que le moindre appui sur la gâchette déclenche
le tire automatiquement), cela permet de faire des tirs " d'instinct
", souvent les plus efficaces en chasse sous marine.
Ensuite regardez si le talon de la crosse
est confortable pour le chargement (cela est assez subjectif et
dépend de chaque personne). Regardez si la flèche est adaptée
à votre type de chasse, si les sandows sont en adéquation
avec la flèche et si la longueur du tube correspond à votre
façon de pêcher et la visibilité de votre coin de chasse.
J'allais oublier, prenez des obus articulés, si l'arbalète est
vendue de série avec des obus simples, changez les par des obus
articulés !! En effet les obus simples ont tendance à se
briser si l'on utilise des sandows trop puissants.


|
|
|
|
|
Obus articulés
|
Obus simple
|
Obus Tahiti
|
Les sandows sont les élastiques
qui vont propulser votre flèche, ils sont un peu la poudre
d’un fusil traditionnel. Leur longueur est établie selon
la longueur du tube de la flèche. Néanmoins il est
possible de jouer sur la longueur pour influer sur la puissance,
mais il est préférable de jouer sur le diamètre.
Ainsi des sandows de base ont un diamètre de 16mm et ont
une puissance relativement faible. Ils servent à propulser
des flèches de 6mm et 6.5mm, l'avantage c’est qu’ils sont
très faciles à armer. Ensuite les sandows de 18
mm qui servent aux flèches de 6.5 mm et 7mm et les sandows
de 20 quasi exclusivement réservés pour propulser
des tridents !! Ces derniers demandent une très grande
puissance d’armement du fait de leur poids et de leur faible hydrodynamisme.

Flèche :
La flèche est un élément
déterminant dans le type de chasse pratiquée. Plus
elle est fine et plus elle plane, elle est aussi plus fragile.
Il existe deux moyens pour relier celle-ci au fusil : le coulisseau
et le simple trou dans la flèche, ce dernier a quand même
la préférence de la plupart des chasseurs.
Longueur du tube :
|
Longueur du tube
|
Sandows
|
Flèches
|
Techniques
|
|
50cm
|
13cm
|
7mm
|
A trou
|
|
75cm
|
19cm
|
6.5mm
|
A trou, indienne
|
|
90cm
|
22cm
|
6.5mm, 6mm
|
surface
|
2eme partie : Techniques
de chasse
Chasse à l’indienne :
C’est la chasse que pratique le chasseur
de façon intuitive, son principe est de se déplacer
le long du fond à la rencontre du poisson.

Avec une bonne vue et beaucoup
de chance vous rencontrerez peut-être des poissons plats ?
Surface :
C’est une technique agréable et
peut fatigante car demandant peu ou pas d’apnée. Elle se
pratique dans des petits fonds au-dessus de relief ou des parcs
à huîtres. Vous croiserez de nombreux mulets et peut-être
des bars si vous êtes discrets !

Agachon :

C'est la plus récente des techniques, sans
doute la plus efficace mais aussi la plus difficile, car c'est
celle qui demande la plus grande apnée. En effet l'agachon consiste
à faire le mort posé au fond de l'eau, le poisson attiré
par sa curiosité viendra à vous. Plus vous resterez longtemps
plus les gros viendront, il ne faut donc pas tirer le premier
bar venu sous peine de faire fuir les autres.
A trou :

La chasse à trou est à mon
goût l'une des plus intéressantes qui soit, de par son aspect
ludique. En effet il est très agréable de surprendre un bar ou
une vieille paisible se croyant à l'abri dans un trou.
Le tir est en général très facile dans ces conditions. Seul problème
peut venir si la flèche s'enrague (se coince) dans le trou, du
fait que le poisson se débatte. C'est pour cela que l'utilisation
du trident est utile dans ce genre de situation pour assommer
le poisson.
Conclusion :
Comme pour la pêche à
la ligne, la chasse est un moment de détente avant tout,
mais aussi la possibilité de pouvoir ramener du poisson
frai sur la table. Je vous rappelle qu’il existe des mailles et
que vous devez les respecter. A la ligne certains pratiquent le
no-kill en chasse il est aussi possible de laisser de temps en
temps l’arbalète dans le bateau et de faire de l'image
(photo, vidéos) ce qui vous laissera d’excellents souvenirs
et contribuera à protéger les ressources !!
En espérant que ce dossier vous
ait plu.
