FABRICATION
D'UNE HOTTE DE PÊCHE
(par Mayazz)

Quel pêcheur à pied n’a
jamais rêvé d’aller arpenter les rochers et
les grèves découvertes à marée basse
et revenir chargé des trésors laissés par
Neptune afin de se préparer un bon gueuleton avec ses amis
? Encore faut-il avoir un contenant pour mettre le résultat
de votre pêche ! Deux alternatives s’offrent à
vous : avoir l’air d’un plagiste parisien qui se trimbale
avec son seau en plastique ou celui d’un pêcheur chevronné
avec sa belle hotte en osier… Mais posséder une telle
hotte n’est pas donné à toutes les bourses
et il est difficile d’en trouver à moins de 50 €
!
Alors si comme moi, tu aimes le beau matériel,
tu as envie d’essayer de voir ce que tu peux faire de tes
dix doigts, tu en as marre de baver sur les belles hottes en vitrine
et tu cherches une activité pour les longs mois d’hiver,
la fabrication d’une hotte en osier est pour toi !
La fabrication d’une hotte ne demande
pas beaucoup de matériel, néanmoins il vaut mieux
posséder ou, à défaut, pouvoir emprunter
les outils suivants :
- Sécateur
- Perceuse
- Scie sauteuse
- Couteau bien affûté
- Pince plate
La hotte sera composée de :
- un gros montant en bois dur (ici un bout de manche de pelle)
- 13 montants en noisetier (squelette de la hotte)
- des tiges d’osier
- une plaque de contre-plaqué de 7 mm d’épaisseur
- 1 m de fil de cuivre électrique
- 1 sangle de 5 cm de large, longueur 1,5 m (ici une ceinture
de sécurité)
Par ailleurs, afin de préformer
les montants en noisetier, il va vous falloir fabriquer des moules.
Afin de les réaliser, vous utiliserez :
- une planche de bois de 2 à 3 cm d’épaisseur
- des clous ou vis afin de tenir les montants le temps qu’ils
conservent leur forme arrondie
1ère étape : Fabrication
des moules
Afin de préformer les futurs montants
en noisetier, il est nécessaire de fabriquer un moule pour
contraindre la branche à sécher en conservant la
forme que l’on souhaite lui donner.
Pour se faire, il faut décalquer
le dessin suivant (format A3) sur une planche de bois assez épaisse
et enfoncer des clous ou des vis aux endroits indiqués.

Etant donné qu’il faut 13
montants pour réaliser la hotte, je vous conseille de faire
2 ou 3 moules afin de gagner du temps. Pour ma part, chaque moule
pouvant contenir 4 à 5 montants, j’ai 4 moules afin
de réaliser ma hotte en une fois.

2ème étape : fabrications
des montants
Afin de constituer la hotte, 13 montants
en noisetier vont être nécessaires. Armé d’un
sécateur, il vous faudra aller arpenter les bois et les
haies afin de trouver une belle futaie de noisetiers composée
de sections régulières et rectilignes idéalement
comprise entre 5 et 8 mm.
Ces tiges de noisetier seront assouplies
avec les mains et délicatement placées dans les
moules. Il faut procéder lentement afin de ne pas casser
les tiges, ce qui n’est pas toujours aisé ! Du coup,
je vous conseille de couper plus de branches afin d’être
sûr d’avoir les 13 montants.
Au bout de 3 semaines, normalement les
montants sont secs et devrait conserver la forme imposée
par le moule.
3ème étape : assemblage
de la structure de base
Le montant principal de ma hotte est composé
d’un manche de pelle (une section importante de noisetier
pourrait aussi bien faire l’affaire, mais cela demande un
temps de séchage assez long).
Dans ce montant vont venir s’insérer
3 sections de noisetier qui formeront à elles 3 un angle
de 90° (2 x 45°).

Quand vous percerez le montant principal
(manche de pelle), il est nécessaire que les trous ne soient
pas perpendiculaires, mais plutôt obliques pour que la section
de noisetier puisse conserver sa forme arrondie.
Voici les mesures et espacements à respecter :

Afin de maintenir les sections de noisetier
dans le montant principal, il peut être utile de planter
un clou, mais aussi de fendre l’extrémité
de la section de noisetier avant d’y insérer un petit
coin de bois pour écarter les 2 bouts.
4ème étape : la coupe
de l’osier
A défaut, vous pouvez acheter une
botte d’osier chez un vannier professionnel. Pour réaliser
cette hotte il faut une trentaine de brins d’osier.
En tout cas, de mon côté,
je suis allé avec ma chérie en février participer
à la séance de coupe de l’osier sur la commune
de Rémilly-sur-Lozon et j’en suis reparti avec de
quoi faire une hotte.
5ème étape : préparation
de l’osier
C’est une étape assez longue
et fastidieuse, mais nécessaire afin de s’assurer
d’avoir de belles éclisses à tresser sur sa
hotte.
Il s’agit tout d’abord de fendre
le brin d’osier en 2 et de remonter le long de la tige afin
d’obtenir 2 morceaux aussi appelés éclisses.
Pour avoir 2 éclisses de la même épaisseur,
il est nécessaire de forcer tantôt à droite,
tantôt à gauche afin de rectifier la trajectoire
de la fente.
Une fois les 2 éclisses obtenues, il faut les affiner au
couteau et retirer le cœur (l’aubier) de la tige.

Une fois affinée, il reste à
assouplir l’éclisse afin d’éviter qu’elle
casse quand vous allez la tresser sur la hotte. Pour se faire,
prendre un manche de pelle, une extrémité de l’éclisse
dans chaque main et faire des aller retour autour du manche avec
l’osier.
6ème étape : tressage
de l’osier
Après toutes ces étapes,
vous devriez avoir votre 1ère éclisse prête
à être tressée. Il suffit de bloquer l’éclisse
autour d’un des montants en noisetier et de passer une fois
au-dessous, une fois au-dessus des montants. Arrivé sur
un bord, on fait le tour du montant, on vrille l’éclisse
et on repart dans l’autre sens, le but étant d’avoir
l’écorce de l’osier toujours à l’extérieur.
Il faut bien serrer, sans non plus tout arracher !

Une fois la première éclisse tressée, il
est nécessaire de faire la même chose de l’autre
côté, l’important étant de toujours
être symétrique.
Quand vous aurez tressé la première
éclisse des 2 côtés, il sera maintenant temps
d’ajouter 2 montants de noisetier supplémentaires.
Les tailler en pointe afin de mieux les insérer et enfoncer
au maximum pour assurer une bonne rigidité à votre
future hotte.
Puis tresser 2 nouvelles éclisses
et insérer 2 nouveaux montants. Globalement dès
que vous aurez assez d’espace insérer d’autres
montants, toujours 2 par 2 afin d’avoir un nombre de montants
impair.
Plus vite vous mettrez les montants et
plus robuste sera votre hotte.
Remarquez sur l’image ci-dessus que
les 2 montants ne sont pas de la même longueur, vous n’allez
donc pas pouvoir continuer à tresser votre hotte de manière
régulière. En effet, petit à petit, il va
vous falloir rattraper ce décalage, notamment en tressant
plus le montant rouge qu’un coup sur 2 voir sur 3.
Au final vous devriez obtenir une hotte
comme la photo suivante : le décalage a été
rattrapé, il ne reste plus qu’a finir de tresser
comme vous avez procédé au début.
7ème étape : fabrication
et pose du dos de la hotte
Une fois le tressage terminé, vous
allez pouvoir passer à la réalisation du dos de
la hotte. Il suffit de place la hotte sur la planche de contre-plaqué
et d’en dessiner les contours.
Quelques coups de scie sauteuse et vous
obtiendrez le dos de votre hotte. Il ne vous reste plus qu’à
percer les trous pour fixer la planche à la hotte.
Quelques trous plus tard, le fond de la
hotte est maintenant fixé.
8ème étape : pose
de la sangle
Pour finir, vous allez devoir révéler
vos talents insoupçonnés de couturier afin de fixer
la sangle sur votre hotte. Coudre d’abord un côté
puis ajuster la sangle à la longueur voulue avant de coudre
l’autre côté.
.
Et voilà, votre hotte est maintenant opérationnelle
!
Après une vingtaine d’heures passées à
la fabrication de ma hotte, elle est plutôt réussie
pour une première ! Reste à voir combien de temps
elle me durera.
Enfin, après tant de temps passé, j’avoue
que 50 € pour une hotte ce n’est pas si cher payé
! La hotte peut aussi être tressée en osier blanc
(sans l’écorce), après libre à vous
d’imaginer différentes combinaisons.

Un grand merci à Anthony qui a bien voulu m’initier
aux joies de la vannerie et de la fabrication d’une hotte
de pêche.
Un grand merci à ma chérie qui a participé
activement à la réalisation de cette première
hotte et supporté le bordel dans le salon !
Bonne vannerie.
Mayazz
oOoOo