Nettoyage
de la rivière et de ses ruisseaux :
Fous de pêche, certes !
Mais cela ne s’arrête pas au fait de prendre du poisson.
Ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. En
effet quoi de plus agréable de retrouver dès les
premiers beaux jours, les " formes arrondies ",
les " courbes parfaites " et les " chutes
attrayantes au chant mélodieux " de notre
rivière. L’amour rend beau. Ainsi pour montrer à
la rivière toute l’affection que nous avons pour elle,
nous nous y rendons chaque année pour retirer les détritus
laisser par quelques inconscients et les obstacles en tout genre
qui s’invitent dans son lit, entravent son écoulement et
provoquent l’inévitable envasement.
Nous sommes une dizaine
d’amoureux à braver le vent froid d’une matinée
de début février. Nous nous sommes donnés
rendez-vous pour la première journée de nettoyage
de l’année. Ce matin nous allons toiletter un petit ruisseau,
affluent du Thérain, d’environ 300m de long. Il fut déjà
l’objet d’un nettoyage l’année précédente.
Mais il doit faire l’objet d’une surveillance particulière.
En effet notre souhait serait qu’il puisse servir de " nursery "
dans les années à venir.

Lors de ces opérations
nous constatons le potentiel de ce ruisseau : celui-ci abrite
entre autres des gammares, des chabots et des lamproies de planer.
A noter que ces 2 espèces de poissons sont citées
comme espèces protégées dans l’annexe 2 des
directives européennes " habitats-faune-flore "

Lamproie de Planer (Lampetra
planeri)

Chabot (Cottus gobio)
Le lendemain on pouvait
déjà observer que le limon se disperse progressivement
et que les cailloux réapparaissent par endroit.

Nous continuons cette matinée
par la mise en place d’une passerelle sur la rivière afin
de pouvoir la traverser sans devoir piétiner son lit.

Merci au passage au cultivateur
venu nous prêter mains fortes.
Quinze jours plus tard,
nouveau rendez vous. Ce jour là je ne peux malheureusement
pas être des leurs. Mais ce n’est pas les bonnes volontés
qui manquent. Une dizaine de fous ont répondu encore à
l’appel.
Ces derniers n’hésitent
pas à se jeter à l’eau afin d’élaguer les
branches trop basses qui forment des bouchons en retenant les
débris végétaux.

Enfin, l’après midi
de cette journée fut occupée par la plantation de
saules et d’aulnes sur le parcours no-kill. Celui ci en a bien
besoin, il n’y a plus qu’à espérer que ce soit un
succès.
Troisième séance
de nettoyage la semaine suivante. Nous nous rendons cette fois
ci sur un parcours, détenu par des amis, sur le Thérinet.
Un gros chantier nous attend. En effet ce parcours n’a pas été
entretenu depuis longtemps et de gros arbres sont tombés
en travers de la rivière. En voici un exemple :

Puis un deuxième :

Ce qui au final nous donne
ceci :

Enfin pendant que quelques
fous du sud de la Seine s’apprêtent à sortir leurs
premières truites de l’année (pour les plus chanceux),
nous continuons à jouer les techniciens de rivière.
Nous sommes désormais
bien rodés, il s'agit comme à chaque fois de permettre
à l'eau de circuler librement et éviter la formations
de bancs de vase intempestifs.

Où est Charlie ? J
Je voudrais insister à
ce propos sur un point, le nettoyage de la rivière ne signifie
pas enlever systématiquement tout obstacle du lit de la
rivière mais uniquement ceux qui, je me répète,
gêne le bon écoulement de l’eau. Il ne s’agit en
aucun cas ici de faire place nette afin de ne plus s’accrocher
lorsque l’on pêche. On essaye autant que possible de maintenir
le coté sauvage de cette belle rivière, car il ne
faut pas oublier non plus que les obstacles créent l’hétérogénéité,
synonymes de diversité. De plus les obstacles sont également
des zones de refuge pour les différentes espèces
de poissons présentes et des habitats pour les larves d’insectes
qui s’y développent.

Larves de mouche
de mai
Un dernier cliché
pour vous montrer l’état de la rivière après
notre passage.

En guise de conclusion
je voudrais remercier tous les participants qui sont venus prêter
mains fortes. Le nettoyage de la rivière est une expérience
très chaleureuse qui permet de se retrouver entre pêcheurs
et d’apprendre à se connaître différemment.
C’est un moment particulier de mettre à profit nos connaissances
et nos expériences, afin d’aller vers une pêche de
meilleure qualité d’année en année.
Je voudrais également
saluer les membres du bureau pour leur gestion du parcours de
pêche et pour le climat de convivialité qu’ils entretiennent
à chaque sortie.

Deux membres du
bureau : Marc en chemise canadienne verte et le président
avec son chapeau
Aurélien