C'est un beau matin
de pêche : lever aux aurores et la forme. J'ai repéré
un bon coin sous les arbres. Je déballe ma canne et j’arrive
sur le poste. Tiens ! Il y a un pêcheur sur l’autre
rive qui pêche à la ligne. Je monte ma canne avec
une cuiller N°3. J’ai choisi un poste pile à l’angle de
deux cours d’eau. L'eau est claire et le courant plus faible le
dimanche. Je lance ma ligne et " m...e ! "
j’accroche juste au-dessus de moi dans l'arbre. Bon ! Que
faire pour sauver ma cuiller ? Je jette un coup d’œil vers
le pêcheur qui a sa canne pliée " Une touche ?
Une accroche ? " Une touche ! Un beau gardon !
Bon ! Il ne m’a pas vu. Je tire sur mon fil et enfin ma cuiller
tombe sur le sol encore accrochée. Ça va !
Je peux continuer. Il y a des algues assez hautes et je décide
de pêcher avec un leurre de surface. Tout d'un coup, un
héron cendré qui a pris son envol dans le bras de
la rivière, se tape en plein dans ma bannière tendue.
Il tombe à l'eau et tout de suite se fait attaquer par
des poules d'eau. Le leurre est à 5 ou 6 mètres
de lui, il ne faut pas qu'il se pique. Les poules d'eau ont déguerpi
car il s'est redressé. Il me faut couper le fil avec mon
briquet et il se dirige vers la rive. Je remballe le matos et
je vais voir. Je cherche et ne trouve pas. Où est-il ?
Je n'ose m'approcher de peur de l'effrayer, enfin je vois le fil
fluo dans les arbres mais pas de héron et pas de leurre.
Soudain il est là sur le chemin et s’envole. Il a coupé
le fil mais il lui en reste un bout accroché à la
patte. Je peux chercher tranquillement mon leurre. Un amas de
plumes sur la berge. Il était là, et mon leurre
aussi " ouf ! " Je pense qu'il n’aura
pas de mal à se débarrasser du reste de fil.
J'ai changé de coin et ça a mordu.
Il y a des jours comme ça où il faudrait, en plus
de surveiller les souches et les algues, mettre un sondeur " radar ".