La
LEGENDE DES 5 TRIBUS :
par Joss83
Etant
récemment en vacances dans le centre de la France, j’ai
croisé la route d’un personnage un peu bizarre qui
m’a conté une vieille légende bourguignonne.
Je m’en vais vous la raconter ici.
Vers le milieu du premier
siècle, une étrange réunion eu lieu dans
une petite bourgade des environs de Catalaunum, l’actuelle
Chalon sur Saône. Cinq tribus y aurait participé
: Les Glanix, organisateurs de la rencontre par l’intermédiaire
de Eupevix et Nellysia, son épouse, les Rhôdanos,
les Carnavenix, les Ecolocarpex, qui se reconnaissaient aisément
par leur cri de ralliement (BBOOOOUUUUHHHHH) et les Catfix, qui
venaient de la Gaule Belgique. Ces tribus avaient la particularité
de n’être rassemblées que très rarement
et, de plus, partiellement. On ignore encore comment ils faisaient
pour communiquer et se réunir. Certains disent qu’ils
avaient un système de communication relativement évolué
pour leur époque qui avait été mis au point
et entretenu par un sorcier nommé Markkusox mais les chercheurs
n’ont pas encore réussi à élucider
ce mystère ni à décrypter les quelques messages
qui nous sont parvenus. Ceux-ci parlent pêle-mêle
de bouées, de calamars et de tridents. A croire que la
région de Chalon était baignée par l’océan
à l’époque.
Ces tribus étaient
représentées par leur chef et quelques uns de leurs
membres. Etaient présents Vellax, chef des Glanix, accompagné
de Tanzillix, leur grand prêtre, Charlix, chef des Rhôdanos,
Rochus pour les Catfix et, pour les Ecolocarpex, Manux, dont on
ne sait s’il s’agit d’un ou deux personnages,
deux orthographes différentes Manux G et GothManux laissent
planer le doute. Seuls le chef des Carnavenix était absent
; ils étaient représentés, entre autres,
par deux frères, Lilbobus et Filoux.
Ils s’étaient
réunis pour la cérémonie annuelle du culte
de Silurus, leur icône, leur fétiche que l’infâme
préfet romain Bobus, qui officiait dans la région
de Vagoritum (ville aujourd’hui détruite des environs
de Laval), faisant pression auprès des administrations
de Lutèce et, peut être, de Rome, voulait exterminer.
Il faut rappeler ici que le symbole des premier chrétiens
était un poisson ; sans doute voulait il combattre ceux-ci
?
Un autre infâme rodait
dans les environs, un nommé Jansos. On ignore encore pourquoi,
mais il avait tout fait pour que les autorités romaines
interdisent ce rassemblement. Il était allé plaider
cette cause auprès des légionnaires du camp romain
le plus proche, Gendarmarium, sans succès, puis du chef
du village où cela devait se faire. Celui-ci, un peu «
frileux », peut être, ou apeuré par les menaces
de Jansos, n’apporta qu’un soutien très modéré
à cette réunion ; sans doute craignait il des débordements,
mais les cinq tribus étaient visiblement constituées
de gens aimant la vie, leur poisson et leurs congénères
et ne créèrent aucun problème au gardien
des terres où ils avaient installé leurs tentes.
Aucun lien entre Jansos et le préfet Bobus n’a pu
être mis en évidence, pour l’instant, mais
certains chercheurs pensent que le premier aurait été
au service du second. Nous l’ignorons encore à notre
époque.
Leur culte était
relativement simple : ils essayaient de capturer leur fétiche,
ce fameux Silurus, puis après une petite cérémonie
appelée Nokhilus au cours de laquelle son portrait était
gravé sur des petites tablettes en pierre (Nicéphore
Niepce n’avait pas encore inventé la photographie),
ils le remettaient à l’eau en le priant de revenir
plus grand et plus fort l’annéesuivante. Cela préfigure
un peu une mode en vogue auprès des pêcheurs à
la mouche anglais du début du XXème siècle,
le No kill et qui, par la suite, s’est répandue auprès
d’autres disciples de Saint Pierre.
Tous ces officiants étaient
obligés de rentrer au campement le soir car, allez savoir
pourquoi, les lois romaines leur interdisaient de célébrer
leur culte la nuit, chose dont rêvait la plupart et que
réfutait Charlix, chef des Rhodanos. Il y eut d’ailleurs
une discussion passionnée entre lui et Eupévix,
qui était légaliste.
En dehors de ces cérémonies,
leur quotidien était occupé par de longues palabres
autour de festins constitués principalement de viandes
cuites directement sur la braise et de nombreux tonneaux de vins
de la région (la cervoise commençait à passer
de mode). Un dénommé Micchelus, spécialiste
des banquets à Lutèce, était venu spécialement
pour leur apporter une grosse partie des victuailles et s’occupait
à les rôtir pendant que les convives racontaient
tous les détails des cérémonies qu’ils
avaient pratiqué dans la journée.
Au total, près d’une
centaine de Nokhilus ont été célébrés.
On dit même qu’un dénommé Frispirix,
membre de la tribu des Catfix, rendit grâce à un
Silurus de près de 120 digitus (pouce romain), ce qui représente
un peu plus de 2,2 mètres.
Finalement, après
avoir célébré quatre jours durant le culte
de Silurus, ils décidèrent de rentrer chez eux,
qui vers l’Armorique, qui vers la Provinciae (l’actuelle
Provence), d’autres en Belgique. Il parait qu’en se
séparant, ils firent une prière commune afin de
n’être plus pourchassés la nuit comme de vulgaires
voleurs.
P.S : On m’informe
qu’une réunion rappelant beaucoup celle-ci s’est
déroulée dernièrement au confluent de la
Saône et du Doubs. Et si le culte de Silurus avait persisté
et résisté au temps qui passe ? Cela prouverait
que l’infâme Bobus n’est pas parvenu à
ses fins… et peut être qu’un jour, ils pourront
pratiquer la nuit sans être traqués comme l’ont
été, en leur temps, les adeptes d’un autre
culte, le Carpix.
OoOoO