Voyage
de pêche
Martinique
2007
La Martinique est plus connue
pour son rhum, ses bananes et autres fruits exotiques tous aussi
délicieux les uns que les autres, ou encore ses plages
de sable fin, que pour la pêche aux leurres du bord, et
pourtant...


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Une yole, bateau
de course typique en Martinique |


Tout a commencé il y a un an pendant
le mois d'août 2006, Neoom me propose au détour d'une
conversation de l'accompagner l'année suivante pour un
voyage pêche aux leurres en Martinique. L'idée est
lancée même si ce n'est encore qu'un projet...
En fin d'année dernière,
après une saison de pêche en Normandie bien remplie,
le projet prend forme et nous commençons à tracer
les contours de notre séjour : ce sera 2 semaines au mois
de mai, pour éviter les périodes de vacances scolaires.
Arrive le salon de Paris début 2007,
derniers préparatifs, il ne s'agit pas de laisser le moindre
détail de côté. Outre l'aspect "exotique"
de ce voyage, il ne faut pas négliger les adversaires auxquels
nous allons nous confronter : barracudas, tarpons, carangues,
snooks, bonites et autres orphies géantes nous attendent
de pied ferme!
J'ai prévu du solide en investissant
dans un moulinet Shimano de qualité et Neoom a quant à
lui investi dans une canne un peu plus puissante que nos speedmaster
10-40g.
Mai 2007, le grand jour est arrivé,
Neoom et moi avons chacun un vol de Paris à destination
de Fort de France sur 2 compagnies aériennes différentes.
Nous atterrissons avec 1 h d'écart, première frayeur
: je dois attendre presque 1h avant de voir enfin ma valise sur
le tapis roulant de l'aéroport. Il faut dire que cette
valise contient tout mon "matos", il n'est en effet
pas (plus) possible d'emmener du matériel de pêche
dans son bagage à main (mis à part qq leurres souples).
Finalement, tout est bien qui finit bien et je rejoints Neoom
qui m'attend dans l'aérogare. Nath et Johnny, que Neoom
connaît depuis quelques années, et qui vivent sur
l'île, sont venus nous chercher. Merci à eux pour
leur accueil chaleureux!!!
Nous prenons possession de notre "gîte"
(en fait l'étage supérieur d'une maison), et commençons
autour d'un punch coco à rêver à nos potentielles
prises...
Le lendemain, rêveil à 5h.
Cela peut paraître tôt pour un métropolitain
mais ici, avec le décalage horaire de 6h, 5h du matin correspond
à 11h en France. Il fait jour vers 5h30 du matin, et la
nuit tombe vers 18h-18h30. Le premier coin prospecté est
un ponton menant à un petit ilôt où l'on peut
trouver un peu de mangrove (palétuviers dans lesquels l'eau
s'engouffre formant de véritables caches pour tous les
poissons...). En sortant de la voiture, nous apercevons des chasses
partout, vision paradisiaque pour tout pêcheur aux leurres....
:-)
A première vue, il doit s'agir de
baby tarpons, reconnaissables à leur façon de "rouler"
en surface quand ils chassent. Nous commençons en toute
logique avec des leurres de surface, assez gros compte tenu de
la taille potentielle de nos adversaires. Pas d'attaques, nous
optons donc pour des leurres plus petits (bonnie 95 bone pour
moi, water monitor pour Neoom). En passant sur le ponton, nous
apercevons des nuages de poissons fourages ce qui nous conforte
dans nos choix.
Les premières attaques ne tardent
pas, mais nous n'arrivons toujours pas à tenir les poissons
piqués, les décrochages sont systématiques.
Mêmes les leurres souples de Neoom n'auront pas le succès
escompté.
Dommage car le poissons semble présent
en masse.
En fin de partie de pêche, tandis
que je tente ma chance au water monitor entre deux eaux, j'enregistre
une attaque violente suivi d'un rush sur quelques mètres.
Le poisson a l'air de belle taille, et tente à plusieurs
reprises de sonder en direction des barques présentes sur
le ponton. Je parviens néanmoins tout de même, avec
un frein bien serré, à contrer le poisson qui monte
enfin en surface. Il s'agit d'un joli barracuda, de plus de 60
cm de long, dont le poid doit être compris entre 1 et 2
kg. Sa gueule énorme armées de dents aussi coupantes
que des lames de rasoir me fait froid dans le dos. Ca y est, le
poisson est enfin vaincu, je l'amène au bord et sorts ma
pince à poisson achetée pour l'occasion. Au dernier
moment, dans un ultime sursaut, il bondit hors de l'eau dans un
saut que je n'oublierai pas de si tôt...Décrochage!
Je comprendrai qq jours plus tard pourquoi en inspectant mon water
monitor (il m'a ouvert un des triple slors du saut )...Ca ne rigole
pas avec ces poissons là...
Les jours qui suivent nous permettent de
prendre les premiers poissons, essentiellement des barracudas,
appelés "bécunes" localement.





Nous avons pour le moment prospecté
essentiellement des spots au sud de l'île, ainsi que la
partie est. Les paysages sont fantastiques, beaucoup de plages
de sable fin bordées de palmiers et autres cocotiers. La
configuration est assez typique des plages de la caraïbe,
on retrouve systématiquement une barre de corail à
environ 100m du bord, poste intéressant à prospecter
à condition de lancer suffisament loin...





Fin de la première semaine, nous
sortons pêcher en mer en compagnie d'Alex sur le bateau
de Jean Luc, pêcheur professionnel. Il possède une
sorte d'open de 6-7m de long équipé d'un moteur
hors bord de 225ch. Départ 6h du matin, pour 10h de pêche
à 60km des côtes!!! Oui vous avez bien entendu :
60 km des côtes (consommation pour cette journée
de pêche : 207 litres d'essence sans plomb...). Le trajet
aller et retour est très physique, il nous faut nous accrocher
pour ne pas nous retrouver au fond du bateau (ou par dessus bord)
quand Jean Luc met les gaz... L'objectif de cette journée
est de pêcher la dorade coryphène. A force d'obstination
nous finirons par tomber sur une chasse de dorades et Alex réussira
à en capturer une. S'en suivra un combat mémorable
avec des sauts de folie de la dorade prise au piège. Je
me souviendrai également longtemps du poisson arrivant
le long du bateau, avec ses couleurs vert émeraude et jaune
or : magnifique.
Le WE se termine par une pêche en
kayak dans la mangrove. Nous verrons beaucoup de poissons (tarpons,
bécunes...)mais impossible de les faire mordre...décevant!
Nous décidons d'attaquer la dernière
semaine dans le nord ouest de l'île, du côté
de Saint Pierre. On y trouve de longue plage de sable noir, avec
de nombreuses embouchures de petits cours d'eau côtiers.
Ces embouchures, lors de pluies, attirent les tarpons, et nous
espérons secrètement en toucher un...





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les pélicans,
des sacrés pêcheurs! |
Le premier essai sera le bon...Un après
midi, en plein cagnard, Neoom a une grosse attaque à moins
de 10m du bord de la plage. Le poisson nous gratifie rapidement
d'un premier saut vertical typique des tarpons, mais ne se décroche
pas, c'est plutôt bon signe. La bête doit faire 3
bons kilos, petit pour ce poisson qui peut en faire plus de 100!
Il enchainera tout de même 3 sauts avant de se rendre. Je
filme la scène, et vois Neoom saisir le fil pour mettre
le poisson au sec, erreur car à ce moment le poisson fait
un dernier saut qui lui permettra d'ouvrir un des triples du wander
utilisé...décroché!!! C'est vraiment rageant...
Le soir même, alors que nous cherchons
vainement à toucher un autre tarpon, j'aperçois
un banc de carangues à 15m de moi. Je lance mon water monitor
dans leur direction, et aussitôt 3 poissons foncent sur
mon leurre. Touche!!!!La canne plie, le moulinet chante, rien
à faire, je dois regarder la tresse se dévider,
j'appelle Neoom pour qu'il filme le combat mais le temps d'arriver,
le poisson m'a ouvert un triple et s'est décroché.
J'en ai encore les jambes qui tremblent, ce rush m'a laissé
sans voix! Je crois n'avoir jamais autant eu l'impression d'être
aussi impuissant face au rush d'un poisson...
Le lendemain, encore 2 tarpons touchés
mais décrochés, décidément ces poissons
son difficiles à piquer "correctement"...Nous
prenons également de nombreuses orphies "géantes"
: environ 1m de long avec des dents sympas... Les leurres pêchant
sous la surface sont ceux qui marchent le mieux (durs et souples),
sûrement parce que nous pêchons en pleine journée...


Après quelques jours de propection
entre les plages du Prêcheur et de Saint Pierre, nous changeons
de coin et tentons notre chance à l'est sur la presqu'île
de la Caravelle. Le site est magnifique, par endroits grandiose,
et certains spots s'avèrent difficiles d'accès.
Un jour, en fin de matinée, alors que nous n'avons rien
pris, nous voyons un gars revenir de la pêche sur le sentier
surplombant le poste, il porte sur son épaule un poisson
énorme. Il s'agit en fait d'un gros barracuda, d'au moins
10 kg après pesée, pris au superspook après
1h de combat. Le type nous raconte qu'il a du sauter à
l'eau pour sortir le poisson, et on comprend qu'il ait eu du fil
à retordre en voyant la gueule du "monstre"...

Ce jour là, j'aurai droit à
une prise insolite qui me donnera bien du mal : un poulpe!!! Vous
avez bien lu : un poulpe! J'étais en train de défaire
un noeud sur ma tresse, mon water monitor avait lentement coulé
au fond de l'eau pendant cette opération, et c'est en voulant
rembobiner ma tresse que je me suis aperçu que j'étais
accroché au fond. Je peux vous dire que "décoller"
la bestiole de son cailloux n'a pas été chose facile...

Le dernier jour arrive, la veille nous
sommes allés repérer un spot potentiellement intéressant.
Levé 4h du matin, notre avion décolle l'après
midi et nous sommes invités à manger le midi. Nous
devons également rendre l'appartement à 10h30, bref
nous n'aurons que 2h30 de pêche maxi devant nous.Nous sommes
sur le spot vers 5h30, et attaquons d'entrée aux leurres
de surface. Après 5mn de prospection infructueuse, Neoom
m'appelle, il est aux prises avec un poisson de belle taille.
Après un combat de bonne facture, nous voyons apparaître
un superbe barracuda en surface, qui finalement accusera un bon
4 kg à la pesée.


Quelques minutes plus tard, Neoom remet
le couvert avec une carangue d'au moins 1 kg.

Le jour s'est maintenant levé depuis
1h, les touches ont disparu avec... il est temps de rentrer, la
tête pleine de souvenirs, et de regrets aussi, de ne pas
avoir découvert ce coin avant.
Pas grave, ce sera pour l'année
prochaine... :-)
Sam